samedi 10 juillet 2010

« Ceci n'est pas une lumière » (Bruxelles, Noël 2001)


Photo Yannick Vigouroux,
« Bruxelles, décembre 2001 » (Lomo LC-A)

Et si l'un des ciments de la Nation Belge était l'Humour ?...
C'est ce que je me dis en revoyant cette photo prise il y a presque dix ans dans le métro de Bruxelles, pendant les fêtes de Noël. L'affiche publicitaire qui a disparu m'intrigue, il ne subsiste que le néon mis à nu. J'appuie sur le déclencheur de mon Lomo LC-A pour enregistrer cet éclairage inutile, un homme surgit au même moment (« cela tombe bien me dis-je ! »). Une ou deux secondes plus tard, il se tounera vers moi, souriant et sachant que lui aussi je l'ai photographié : « C'est surréaliste. Ceci n'est pas une lumière... »

Cette photo mentale et sonore de l' après-photo, qui n'existe pas sur la pellicule, est la plus précise et précieuse pour moi, la plus réussie.

vendredi 9 juillet 2010

En blanc ou en noir, la mariée était nette (des avantages et des inconvénients des appareils jetables...)

Photo Yannick Vigouroux,
« Sicile, juin 2010 » (Agfa Clack, box 6x9)

On ignore si la « mariée était en noir » (cf. le film quasi éponyme de François Truffaut ), ou en blanc !

En tout cas, comme me l'écrit aujourd'hui Bernard Plossu (fan on le sait, justement, de la Nouvelle Vague) elle était curieusement « nette » :


« Salut amigo,

hier suis enfin allé me baigner !
Je m'allonge sur la plage pour me sécher, et là, j'entends mes deux voisines, sans les écouter vraiment, qui disent :
̏ Avec un appareil jetable... les photos sont floues... la mariée est nette ˝... »

mardi 29 juin 2010

Ma première photographie à l'I-Phone sur mode « Polaroid », 26 juin 2010


Photo Yannick Vigouroux, « Pour Rémy Weité, Paris, 26 juin 2010 » (I-Phone, mode Polaroid)  
Certaines fonctionnalités « fotopoveresques » très « gadgets » des appareils numériques actuels me laissent sceptiques. Cela relève avant tout, selon moi, du « gimick », comme disent les Américains, et je me méfie de cela. Pourtant, je ne peux résister à la tentation d'emprunter ces appareils à mes amis. Le plaisir d'expérimenter, la tentation de m'amuser malgré mes réserves premières, prennent presque toujours le dessus !... Lors de la manifestation « Révélations » (http://revelation-photo.fr/site/wp-content/uploads/2010/05/R4-dossierdepresse.pdf) qui se tenait à Paris, le week-end dernier, mon ami Rémy Weité exposait ses photos numériques pour la première fois : belle homogénéité, accrochage réussi. Enthousiaste, je découvre une magnifique lumière qui tombe sur une chaise, à côté de son stand et je demande à Rémy si je peux emprunter son I-Phone, tout comme j'avais emprunté le Panasonic de Brigitte pour tester le mode « Sténopé », il y a quelques mois. En résulte ce petit hommage...

lundi 28 juin 2010

La FOTO POVERA à l'école des Beaux-Arts de Besançon, mars 2010


Un projet auquel le collectif Foto Povera n'a pas été associé, mais qui propose une réflexion intéressante sur les pratiques « pauvres » ou « archaïsantes » dans la création contemporaine :


http://www.erba-actu.com/expositions/foto-povera/

mardi 25 mai 2010

« POLA-LAND » : une exposition de mes Polaroids, ceux d’Esmeralda Soares, Didier Tatard..., galerie Satellite, Paris, novembre 2010

© Photo Yannick Vigouroux,
« Venise, 1999 », de la série « Polaland »
(Polaroid Image)




Je viens de créer avec mon ami Xavier Martel un blog dédié à l’ exposition « POLA-LAND », dont il est le curateur. La galerie Sattelite (Paris) présentera en novembre 2010 mes Polaroids, ceux de Esmeralda Soares, et de Didier Tatard :





Le site de la galerie Satelitte :


jeudi 29 avril 2010

Exposition « Marc Trivier – Daniel Price – Michael Scheffer » au collège Lavoisier, Saint-Saulve (59)



Arnaud Zajac (http://arnaudzajac.blogspot.com/) vient d'organiser dans le Nord de la France une belle exposition, où figure l'une des mes principales sources d'inspiration : le photographe et écrivain belge Marc Trivier. Ses photos prises avec une box, qui m'ont beaucoup influencé. Tout comme Daniel Price, qui fut aux Etats-Unis un formidable acteur et défenseur, avec son journal Shots, (revue imprimée sur papier recyclé), dans les années 1980-1990, d'une photographie faite avec des « toy-cameras » (appareils-jouets). C'est aussi un très bon dessinateur.

Quant au troisième auteur, Michael Scheffer, artiste allemand, je connais moins bien ses photos, je l'avoue, mais ce que j'ai vu me plait. Des images floues, dont certaines m'évoquent parfois des photos ou dessins de David Lynch...

Trois artistes à découvrir, ou redécouvrir, dont les images dialoguent ensemble.

Le voyage américain de Bruno Debon (cameraphonie, été 2009)


© Photos Bruno Debon,
« USA, été 2009 »
(cameraphone)





Je reviens sur des images découvertes il y a déjà plusieurs semaines, en « vacance » (terme que je préfère à « vacances ») dans le Var.

Les notes qui leurs étaient consacrées étaient restées en berne. Je les ai relues cette semaine.

Je recommence à écrire. Le printemps et la lumière qui sont de retour enfin, m'encouragent à « reprendre » mes textes.






Dans ces photos de Bruno prises aux Etats-Unis durant l'été 2009, avec un téléphone mobile, le contraste est pratiquement inexistant... Une série dans laquelle l'empreinte lumineuse aurait hésité à se fixer, s'imposer.

Quand j'ai passé une semaine chez lui à Châteaudouble, Bruno avait bien d'autres préoccupations que la photographie : planter des centaines de pommiers... Et je me dis, alors que j'écris ces lignes, que ces arbres fruitiers sont un peu comme les sarabandes de Giacomelli, c'est-à-dire des points d'encrage, des piliers joyeux et sombres plantés au milieu d'un champ aussi mental que terrien.

Dans les photos de Bruno, les silhouettes des individus ressemblent décidément aux pochoirs discrets d'un univers mental et sensible, à des notes qui dansent sur une partition. Contrepoints à celles des pommiers ?

L'écriture photographique « automatique » est bien là, cet art brut numérique d'aujourd'hui : flous, écarts, accidents en attestent, plus dictées par l' « inconscient » du flâneur voyageur que par une volonté conceptualisée et préméditée de faire « oeuvre »...






Citation et transgression, ou encore tranquille digression visuelle, promenade dans un espace géographique et mental, à la fois familier et étranger...

Il y a eu, comme me l'a raconté Bruno, si importante dans ce voyage effectué avec sa femme et leurs deux fils (ces garçons qui sont devenus depuis ce séjour aussi familial qu'initiatique tellement férus, non pas de photo, mais de rock et de guitare électrique !...), la rencontre avec cette ville fantôme, désertée par ses habitants... ces architectures victoriennes en bois semblent, au crépuscule, toujours hantées par Norman Bates (incarné par l'inoubliable Anthony Perkins dans Psycho - 1960 - d'Alfred Hitchcock).

En tout cas, le demain matin, les spectres ont disparu (je songe aussi au film Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel, 1956). Mais la demeure, vidée peut-être de son inquiétant potentiel, est toujours là, squelette de bois... Que contient-elle, annonce-t-elle ? S'agit-il d'un refuge possible ou au contraire une menace ?...

Un étrange voile de lumière, comme un calque translucide, semble parfois recouvrir cet univers visuel si explicitement référencé, aussi, à la peinture d'Edward Hopper.

Que reste-t-il du « Rêve américain » ? … des mythologies multiples, imbriquées, stratifiées, semble-t-il, que Bruno revisite en Européen fasciné mais critique, avec son minuscule téléphone mobile, son cameraphone...