mercredi 30 décembre 2009

Le bleu du ciel dans le carré du Holga, les photos de Pamela Messi

© Photo Pamela Messi,
« Web-Holga 1 » (Holga)





Une jeune femme photographiée de dos se promène sur une plage au Japon... En découvrant il y a quelques mois cette image de Pamela Messi m'est venu à l’esprit le titre français de l’un des roman de Murakami Ryu, Bleu presque transparent (1976), et le titre de ce magnifique recueil de » poésie de Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1993), présenté en ces termes sur le site de l'écrivain : « Souvent les hommes restent debout près de la mer : ils regardent le bleu. Ils n'espèrent rien du large, et pourtant demeurent immobiles à le fouiller des yeux, ne sachant guère ce qui les retient là. Peut-être considèrent-ils à ce moment l'énigme de leur propre vie. »

Face à la photo de Pamela, je reste aujourd'hui fasciné par cette sensuelle transparence du ciel qui pourrait presque, de manière réversible, devenir une opacité bleue et froide, si tranchante et douloureuse... En même temps, et dans le même espace, pas de « pesanteur » du bleu qui doit rester aérien ou liquide, présent mais inaccessible. Et cette silhouette féminine si fragile qui se déplace avec grâce et lenteur sur la grève a quelque chose de rassurant. C'est comme un point de ponctuation fluide tracé avec maîtrise et assurance, un doux point d'équilibre et d'encrage, épicentre de mes sensations.

C’est le « presque » du titre du roman de Murakami Ryu qui, bien sûr, m'interroge encore. Comme le conditionnel que j'emploie si souvent (trop ?). L'expérience d'un entre-deux, d'un début et d'une fin. D'un désir de plénitude confronté au constat de l'inaboutissement. Mais dans l'espace intermédiaire des bords de mer, lieu privilégié d'ailleurs de mes propres « Littoralités » réalisées avec une box 6x9, tout reste ou devient, enfin, possible...

Ce n'est pas, je l'ai compris après, ce « Murakami » là qui intéresse et inspire Pamela. En fait, comme elle l’annonce dans son blog « Librepensine », son travail photo actuel, et pas seulement au Holga, mais vraisemblablement réalisé aussi avec un appareil numérique, fait écho aux romans d'un écrivain quasi homonyme : Haruki Murakami, dont je sais, je l'avoue, peu de choses. Mais je sais que j'en apprendrai plus (avec bien sûr la lecture de ce romancier) en revoyant les photos de Pamela, et en découvrant ses nouvelles images, et que je projettrai à nouveau ma subjectivité. Construirai ma fiction personnelle sur ses images, processus que favorisent selon moi le flou, le bleu et le vignettage de l'image...


http://www.flickr.com/photos/24544585@N06/sets/72157619934528737/
http://pamelamessiblogspot.com
http://librepensine.blogspot.com

1 commentaire:

Pamela Messi a dit…

Merci pour ce très beau texte !
A bientôt (je planche sur mon article pour toi...)